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Plusieurs publications on fait connaître les contes populaires des Annamites, des Chams et des Cambodgiens: mais on est moins bien informé en ce qui concerne le récits qui ont cours parmi les tribus sauvages ou à demi civilisées qui peuplent l'intérieur de la péninsule et le Haut-Tonkin. Les contes suivants pourront donc nêtre pas sans intérèt pour les amateurs de <i>folk-lore</i>. Ils ont été recueillis, dans la province de Tuyên-quang (Tonkin) par M. le capitaine Bonifacy, détaché à l'École française d'Extrême-Orient. Nous extrayons des monographies dont ils font partie les notes ci-après sur les peuplades qui les ont fournis. Les Mans sont les peuplades non-chinoises qui habitaient primitivement les montagnes du Sud de l'Empire et que la pression chinoise a refoulées hors des frontières
ils se divisent en un grand nombre de tribus, mais il parait probable que ces groupes appartiennent, en totaité ou en grande partie, à une même race, qui a été diversement influencée par les peuples avoisinants: c'est ainsi que, des trois tribus qui ont fourni ces contes, les Quân-côc parlent un dialecte chinois, les Cao-lan un thaï modifié, et les Dai-bàn une langue particulière qui est proprement l'idiome man. Les contes I, II et III proviennent des Mans <i>Quân-côc</i> (annam. « Pantalons courts »), qui se nomment eux-même <i>Tsan sieu nin</i> « hommes du lointain montagneux ». Les contes IV et V ont été recueillis chez les Mans <i>Dai ban</i> (« cornes »), dans leur langue <i>kim miên</i> (« hommes de la montagne ») ou <i>Tai pan</i> (« grande planche »). Les deux derniers contes ont été fournis par la tribu des Man <i>Cao-lan</i> (« hautes herbes odoriférantes ») qui se donnent aussi, outre ce nom, celui de <i>Tsan tsây</i> (« Thaï des montagnes »). Dans deux autres tribus étudiées par M. Bonifacy, les <i>Quân trâng</i> et les <i>Deo tiên</i>, les mêmes récits se répètent avec quelques variantes.
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