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Ref ID: 29956
Ref Type: Journal Article
Authors: Bellina, Bérénice
Title: La vaisselle dans les échanges entre le sous-continent indien et l’Asie du Sud-Est à l’époque protohistorique: notes sur quelques marqueurs archéologiques
Date: 1999
Source: Bulletin de l'École française d'Extrême-Orient
Language: French
Abstract: En Asie du Sud et en Asie du Sud-Est, le milieu du premier millénaire avant notre ère fur une période de mutations économiques et politiques. De fait, les études historiques et archéologiques ont montré que l’étatisation était liée à la grande vitalité des réseaux d’échanges à l’intérieur de ces deux ensembles régionaux et, à partir d’une certaine époque, à ceux qui s’établirent entre eux. Ce sont ces échanges qui ont conduit au transfert de plusieurs aspects de la culture indienne en Asie du Sud-Est, phénomène qualifié d’indianisation. Aussi les objets indiens ou indianisés découverts en Asie du Sud-Est sont-ils des marqueurs précieux pour l’étude de la formation des réseaux d’échanges entre les deux ensembles régionaux. Dans ce but, nous avons cherché à déterminer les régions mises en relation, et donc les routes et la nature des contacts. La méthode a consisté, dans le cas d’objets indiens à chercher leurs homologues danse le sous-continent indien, dans celui d’objets indianisés, à s’enquérir de leurs possibles modèles sud-asiatiques et à essayer de dégager leur chronologie et parfois leurs variantes locales. Une étude globale de ces différents matériels nous a déjà permis d’éclairer certains aspects de la nature de ces échanges, et de constater l’existence de deux phases distinctes (Bellina, 1997
Bellina, 1998). La première phase semble débuter vers le III-IIe siècle av. J.-C. et s’achever vers le II-IIIe siècle apr. J.-C. Pendant cette période apparaissent les premiers témoins d’échanges, comme les perles ou les éléments de parure en pierre et en verre ainsi que quelques types de vaisselles. Ces objets ont été exhumés dans des sites non indianisés, c’est-à-dire des sites où nous ne reconnaissons pas de traits culturels indiens. Dès cette époque, il semble que les échanges aient été relativement fréquents. Au cours de la deuxième phase, à partir des III-IVe siècles apr. J.-C., les échanges intra- et interrégionaux s’intensifièrent. Cette intensification est marquée par l’apparition de petits objets liés au commerce, comme les sceaux et les monnaies, et par la diversification et l’accroissement du nombre d’objets pertinents pour notre étude. À partir de cette époque, nous trouvons le matériel dans des contextes qui peuvent être qualifiés d’indianisés. La vitalité des circuits d’échanges régionaux et la diversité des origines régionales des objets indiens ou indianisés nous a conduite à émettre l’hypothèse que les échanges interrégionaux étaient le fruit de multiples interconnexions. Dans cette hypothèse, il apparaît que, lors des derniers siècles avant notre ère, les réseaux d’échanges régionaux et interrégionaux ont fusionné. À l’exception peut-être de l’Indonésie qui semblerait avoir eu des liens plus privilégiés avec le Sud de l’Inde et le Sri Lanka, nous n’avons relevé aucun lien direct et exclusif qui aurait relié précisément une région du sous-continent indien à une autre de l’Asie du Sud-Est. Parmi les témoins d’échanges, la vaisselle constitue l’un des matériels les plus marquants. Nous nous proposons de présenter quelques-unes de celles qui caractérisent les deux phases de formation des réseaux d’échanges qui reliaient le sous-continent indien et l’Asie du Sud-Est.
Date Created: 4/4/2007
Volume: 86
Page Start: 161
Page End: 184