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En Asie du Sud et en Asie du Sud-Est, le milieu du premier millénaire avant notre ère fur une période de mutations économiques et politiques. De fait, les études historiques et archéologiques ont montré que létatisation était liée à la grande vitalité des réseaux déchanges à lintérieur de ces deux ensembles régionaux et, à partir dune certaine époque, à ceux qui sétablirent entre eux. Ce sont ces échanges qui ont conduit au transfert de plusieurs aspects de la culture indienne en Asie du Sud-Est, phénomène qualifié dindianisation. Aussi les objets indiens ou indianisés découverts en Asie du Sud-Est sont-ils des marqueurs précieux pour létude de la formation des réseaux déchanges entre les deux ensembles régionaux. Dans ce but, nous avons cherché à déterminer les régions mises en relation, et donc les routes et la nature des contacts. La méthode a consisté, dans le cas dobjets indiens à chercher leurs homologues danse le sous-continent indien, dans celui dobjets indianisés, à senquérir de leurs possibles modèles sud-asiatiques et à essayer de dégager leur chronologie et parfois leurs variantes locales. Une étude globale de ces différents matériels nous a déjà permis déclairer certains aspects de la nature de ces échanges, et de constater lexistence de deux phases distinctes (Bellina, 1997
Bellina, 1998). La première phase semble débuter vers le III-IIe siècle av. J.-C. et sachever vers le II-IIIe siècle apr. J.-C. Pendant cette période apparaissent les premiers témoins déchanges, comme les perles ou les éléments de parure en pierre et en verre ainsi que quelques types de vaisselles. Ces objets ont été exhumés dans des sites non indianisés, cest-à-dire des sites où nous ne reconnaissons pas de traits culturels indiens. Dès cette époque, il semble que les échanges aient été relativement fréquents. Au cours de la deuxième phase, à partir des III-IVe siècles apr. J.-C., les échanges intra- et interrégionaux sintensifièrent. Cette intensification est marquée par lapparition de petits objets liés au commerce, comme les sceaux et les monnaies, et par la diversification et laccroissement du nombre dobjets pertinents pour notre étude. À partir de cette époque, nous trouvons le matériel dans des contextes qui peuvent être qualifiés dindianisés. La vitalité des circuits déchanges régionaux et la diversité des origines régionales des objets indiens ou indianisés nous a conduite à émettre lhypothèse que les échanges interrégionaux étaient le fruit de multiples interconnexions. Dans cette hypothèse, il apparaît que, lors des derniers siècles avant notre ère, les réseaux déchanges régionaux et interrégionaux ont fusionné. À lexception peut-être de lIndonésie qui semblerait avoir eu des liens plus privilégiés avec le Sud de lInde et le Sri Lanka, nous navons relevé aucun lien direct et exclusif qui aurait relié précisément une région du sous-continent indien à une autre de lAsie du Sud-Est. Parmi les témoins déchanges, la vaisselle constitue lun des matériels les plus marquants. Nous nous proposons de présenter quelques-unes de celles qui caractérisent les deux phases de formation des réseaux déchanges qui reliaient le sous-continent indien et lAsie du Sud-Est.
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